Comment Gagner de l’Argent au Maroc: Hier soir, en prenant mon café à la terrasse d’un petit troquet de Rabat, j’écoutais deux jeunes discuter. L’un disait à l’autre : « Franchement, même avec mon CDI, j’arrive plus à joindre les deux bouts. » Son pote hochait la tête. Cette scène, je l’ai vue se répéter des dizaines de fois ces derniers mois.
Ça m’a rappelé mes débuts. 2008, Mohamed tout frais débarqué dans le digital, persuadé que j’allais révolutionner le web marocain en trois semaines. Spoiler : ça ne s’est pas exactement passé comme prévu. Mais ces quinze années m’ont au moins appris une chose – il existe bel et bien des façons sérieuses d’améliorer son quotidien financier, sans arnaque ni miracle.
Laissez-moi vous raconter ce qui marche vraiment, loin du bla-bla habituel.

Pourquoi on est tous dans le même bateau (et pourquoi c’est pas une fatalité)
Soyons cash deux minutes. Le Maroc de 2026, c’est plus celui de nos parents. Le coût de la vie grimpe plus vite que nos salaires, point barre. Mon voisin, prof depuis vingt ans, m’avouait l’autre jour qu’il donne des cours du soir juste pour boucler le mois tranquillement. C’est devenu notre réalité.
Mais voilà le truc – et c’est là que ça devient intéressant – jamais on n’a eu autant d’options pour diversifier nos rentrées d’argent. Internet a vraiment changé la donne, même si tout le monde n’en parle pas correctement.
Je pense à Karim, un pote qui bossait dans une banque et détestait sa vie. Il s’est mis à vendre des sneakers d’occasion sur Insta le week-end. Trois ans après, il a quitté son taf et vit mieux qu’avant. Ça sonne comme un conte de fées LinkedIn, je sais. Sauf que j’ai vu ses galères, ses nuits blanches, ses doutes. C’était pas glamour du tout.
Ce qui marche quand on veut des sous en plus sans se tuer
Vendre ce qu’on sait faire (et oui, vous savez faire des trucs)
Tenez, parlons freelance deux secondes. Tout le monde croit qu’il faut être développeur NASA ou designer de génie. Foutaises. Vous tapez vite au clavier ? Vous comprenez Excel ? Et vous parlez bien le darija et le français ? Bingo, vous avez déjà quelque chose à vendre.
Ma cousine Fatima – institutrice à Marrakech – s’est rendu compte qu’elle pouvait corriger des textes en français le soir. Elle a commencé sur un groupe Facebook avec des tarifs dérisoires. Aujourd’hui, elle gagne 3000 balles par mois juste avec ça, en bossant deux heures après le dîner. Rien de fou, mais son crédit auto, elle le rembourse avec cet argent-là.
Les plateformes genre Upwork ou Fiverr, c’est un peu la jungle au début. Faut accepter de se planter, de mal pricer ses services, de galérer avec des clients relous. Mais une fois que vous comprenez le système, ça roule.
Les petits boulots qui sauvent vraiment les fins de mois
Bon, je vais pas vous mentir – livrer des pizzas ou conduire pour Careem, c’est pas le rêve américain. Mais putain, quand le loyer tombe dans cinq jours et qu’il vous manque 800 dirhams, ça devient soudainement très intéressant.
J’ai un pote, Youssef, commercial en immobilier. Les ventes fluctuent, vous imaginez le stress. Lui, il s’est dit : « Les vendredis et samedis soir, je conduis. » Bim, entre 1500 et 2500 dirhams de plus chaque mois. C’est son assurance tranquillité. Les mois difficiles, ce complément lui sauve la mise.
Le truc génial avec ces boulots, c’est la flexibilité totale. Vous gérez votre planning, personne ne vous fait chier. Vous avez un week-end chargé ? Et Vous coupez. Besoin de thunes urgentes ? Vous poussez.
Internet, c’est pas que pour les jeunes branchés
Balancer du contenu : plus accessible qu’on croit
Écoutez, YouTube et Instagram, on voit tous passer ces success stories qui donnent envie de tout plaquer. « Untel a gagné 50 000 dirhams avec une vidéo! » Ouais, et combien ont ramé pendant deux ans dans l’anonymat complet avant ?
Je vais vous dire un secret de polichinelle : créer du contenu, c’est la définition même du marathon. Pas de sprint possible. Mon blog perso, il m’a rapporté zéro dirham les dix premiers mois. Zéro. Que dalle. J’ai failli arrêter quinze fois.
Mais là où ça devient dingue, c’est quand ça décolle. Parce qu’après, le contenu continue de bosser pour vous pendant que vous dormez. Une vidéo que j’ai faite il y a trois ans me rapporte encore des revenus aujourd’hui. C’est ça, les revenus passifs dont tout le monde parle.
La recette magique ? Y’en a pas. Choisissez un sujet que vous maîtrisez – vraiment –, montrez votre gueule (métaphoriquement ou littéralement), restez régulier, et acceptez que ça prenne du temps. Beaucoup de temps.
L’affiliation, ou comment gagner des sous en conseillant
Imaginez que vous recommandez un resto à un pote, et que le resto vous file 20 balles pour ça. L’affiliation, c’est exactement ce principe, version digitale.
Vous avez un blog cuisine ? Mettez des liens vers les ustensiles que vous utilisez vraiment. Vous parlez tech sur YouTube ? Partagez vos liens Amazon pour les gadgets que vous testez. À chaque achat via votre lien, vous touchez un pourcentage.
Attention, faut pas déconner non plus. J’ai vu trop de gens recommander n’importe quelle merde juste pour les commissions. Résultat : plus personne les écoute au bout de deux mois. L’affiliation marche uniquement si vous restez honnête. Vraiment honnête.
Moi, je recommande que des trucs que j’utilise ou que j’achèterais. Point. Ma crédibilité vaut plus que 200 dirhams de commission sur un produit pourri.
Vendre ses trucs ou ceux des autres
L’e-commerce marocain, c’est un peu le Far West actuellement. Plein d’opportunités, mais aussi beaucoup de n’importe quoi.
Une connaissance vendait des bijoux qu’elle fabriquait elle-même. Elle a commencé par poster des photos sur son Insta perso. Puis Facebook Marketplace. Ensuite, elle a créé une vraie page. Aujourd’hui, elle emploie deux personnes et gagne confortablement sa vie. Tout ça parti de zéro, depuis son salon.
Le dropshipping, l’import-export, la revente… Les modèles sont multiples. Mais attention aux mirages. J’en ai vu se ruiner en important des containers entiers de conneries qui ne se sont jamais vendues. Commencez tout petit. Testez. Mesurez. Ajustez. Grandissez.
Investir intelligemment (pas comme un pigeon)
Se former, meilleur investissement de tous
Je le dis cash : chaque dirham que j’ai investi dans ma formation m’en a rapporté au moins dix derrière. Chaque. Putain. De. Dirham.
Apprendre le montage vidéo, le marketing digital, le copywriting, le code… Ces compétences vous ouvrent des portes. Mais genre vraiment. Un pote qui bossait dans un call-center a pris une formation en développement web. Six mois après, il facturait du freelance à 300 balles la journée.
Coursera, Udemy, même YouTube regorge de formations gratuites de qualité. Oui, ça demande du temps. Oui, c’est chiant parfois. Mais bordel, quelle rentabilité.
L’immobilier, la valeur refuge marocaine
Si vous avez mis quelques thunes de côté, l’immobilier reste une option solide au Maroc. Pas besoin d’acheter un riad à Marrakech hein. Un petit studio à Salé, une chambre que vous louez sur Airbnb, une part dans une coopérative d’habitat…
Mon oncle a acheté un studio pourri qu’il a retapé. Location longue durée : 2500 dirhams mensuels garantis. Ça paie son crédit et lui reste un peu. Tranquille.
Évidemment, renseignez-vous à fond. Parlez à des vrais pros, pas aux vendeurs de rêves sur Facebook. L’immobilier, c’est sérieux.
Les conneries à éviter (j’en ai fait plein, profitez)
Quinze ans dans le game, j’ai vu toutes les arnaques possibles. Les groupes WhatsApp promettant 5000 dirhams par semaine sans rien faire. Les « formations » à 15 000 balles qui vous apprennent ce que vous auriez trouvé gratuitement sur Google. Les systèmes pyramidaux déguisés en « opportunités business ».
Si ça paraît trop beau, c’est que ça l’est. Point final.
Autre connerie classique : négliger le cadre légal. Écoutez, je sais que personne kiffe la paperasse. Mais bosser au black, c’est vous exposer à des emmerdes monumentales. Le statut auto-entrepreneur, c’est facile et ça protège. Faites-le.
Et dernière erreur que je vois tout le temps : papillonner. Lundi dropshipping, mercredi affiliation, vendredi création de contenu, dimanche coaching… Résultat ? Rien ne marche. Choisissez une voie, creusez-la sérieusement pendant au moins six mois avant de conclure que ça marche ou pas.
Mes vrais conseils
Commencez petit. Genre vraiment petit. Gardez votre taff, testez une idée le soir ou le week-end. Mesurez. Si ça marche, poussez. Si ça marche pas, pivotez.
Ne visez pas la lune tout de suite. Mon premier mois de freelance, j’ai gagné 400 dirhams. Quatre cents. J’étais content quand même, parce que c’était le début.
Entourez-vous bien. Trouvez des gens qui font déjà ce que vous voulez faire. Échangez. Les Marocains sont généralement cool pour partager leur expérience autour d’un thé.
Et pitié, soyez patients. J’ai mis trois ans avant de vraiment vivre de mon activité digitale. Trois. Longues. Années. Mais ça valait chaque minute de galère.
Les questions qu’on me pose tout le temps
Comment je fais pour gagner de l’argent vite fait sans mettre un rond ?
Franchement, le freelancing reste votre meilleur pari. Vous avez déjà des compétences, utilisez-les. Inscrivez-vous sur deux-trois plateformes, proposez vos services, même pas cher au début. Ou alors les apps de livraison, ça démarre cash. Mais « vite » reste relatif – faut quand même bosser.
Je bosse déjà 40 heures, comment arrondir mes fins de mois sans crever ?
Cherchez des activités qui collent à votre vie. Cours particuliers le samedi matin si vous êtes pédagogue. Vente sur Facebook Marketplace le dimanche si vous aimez chiner. Création de contenu progressivement si vous avez une passion. L’idée, c’est que ça vous plombe pas moralement.
C’est légal tout ça ou je risque des problèmes ?
Totalement légal si vous déclarez. Le statut auto-entrepreneur a été créé exactement pour ça. Les démarches sont simplifiées, les charges sont raisonnables au début. Renseignez-vous auprès du CRI de votre ville, ils sont plutôt aidants contrairement à ce qu’on croit.
L’affiliation rapporte vraiment ou c’est du vent ?
Ça dépend complètement de votre audience et de votre niche. Certains gagnent 200 balles par mois, d’autres 10 000. Perso, j’ai mis un an avant de toucher mes premiers 1000 dirhams mensuels en affiliation. Maintenant c’est plus, mais ça a demandé du taf et de la patience.
Quelles compétences bosser en priorité pour gagner mieux ?
Marketing digital, création de contenu vidéo, développement web basique, gestion des réseaux sociaux, rédaction web… Ces secteurs recrutent comme des fous. Choisissez ce qui vous parle naturellement et formez-vous sérieusement dessus pendant quelques mois.
Les revenus passifs, ça existe vraiment ou c’est une légende ?
Ça existe, mais c’est mal nommé. « Passif » laisse croire qu’on glande. La vérité : vous bossez comme un dingue pendant 6-12 mois, puis ça commence à tourner plus automatiquement. Mes vidéos YouTube de 2022 me rapportent encore aujourd’hui, mais j’ai passé des nuits entières dessus à l’époque.
Comment repérer les arnaques, y’en a partout ?
Votre bullshit-detector doit tilt quand : on vous demande de payer pour « une opportunité », on vous promet des montants irréalistes, on vous parle de « système révolutionnaire », on vous presse à vous inscrire vite. Prenez votre temps, vérifiez les avis, commencez petit si vous testez un truc nouveau.
Allez, on conclut
Améliorer sa situation au Maroc, c’est possible. Clairement. Je l’ai vu, je l’ai vécu, j’ai accompagné des dizaines de personnes qui l’ont fait. Mais faut arrêter de chercher la combine magique qui va tout changer en deux semaines.
La vraie recette ? Choisir une direction qui vous parle, commencer modestement, apprendre en faisant, rester régulier même quand ça donne rien, et tenir sur la durée. Sexy comme programme, non ? Pas vraiment. Efficace ? Totalement.
Vous êtes pas seul dans cette galère. Des milliers de Marocains cherchent exactement ce que vous cherchez. Certains ont trouvé, d’autres cherchent encore, beaucoup sont en chemin.
Alors concrètement, qu’est-ce que vous allez tester cette semaine ? Pas dans six mois, pas quand vous aurez plus de temps, pas quand les conditions seront parfaites. Cette semaine. Maintenant.
Parce que dans un an, vous regretterez peut-être de ne pas avoir commencé aujourd’hui.

